Un road-movie culinaire syrien

“La Syrie, vous connaissez? ...
C’est un pays du Moyen-Orient, mais encore?”

Bon nombre de personnes ne sauraient approfondir cette discussion sans tomber dans le piège des préjugés véhiculés par les médias. La Syrie n’est donc ni un pays intégriste, ni peuplé de terroristes, ni dangereux à visiter... et on y mange même très bien!

Vous l’aurez alors peut-être compris, le projet “Découvrez la Syrie à la petite cuillère” vise à démasquer la Syrie et son peuple en utilisant sa cuisine comme vecteur de découverte.

Pour mettre en oeuvre ce projet, nous avons l’intention de réaliser un film reportage retraçant un périple gastronomique dans différentes régions syriennes.

Nous vous invitons à suivre notre périple courant février 2008 !

Mardi 6 mai 2008

Voilà maintenant neuf mois que le projet
"Découvrez la Syrie à la petite cuillère"
mijote à petit feu et sera bientôt prêt à être dégusté!

Le mardi 20 mai à 20h, nous vous invitons donc à passer à table à la MJC Monplaisir
dans une ambiance orientale. Avec au programme: un film qui vous plongera dans
la
réalité de la vie syrienne, une copieuse dégustation des recettes recueillies
durant notre voyage et d'autres surprises...

Venez nombreux et n'hésitez pas en parler autour de vous!



Réservez votre place par téléphone au 06.66.85.85.48 ou en écrivant à la.petite.cuillere@gmail.com - tarif: 5€
MJC Monplaisir - 25, avenue des Frères Lumière, 69008 Lyon
Métro D - Sans souci, plan







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Mardi 26 février 2008

Beaucoup d'eau a coule sous les ponts et de nombreux plats ont rempli nos estomacs depuis la derniere newsletter.

Notre petite equipe nomade a cheminé a travers les montagnes, navigue (amarre au quai !) sur la mer mediterrannee et traverse la campagne nord-syrienne en train, pour finalement s'echouer a Alep, derniere etape de notre periple.

Notre court passage a Marmarita a ete marque tant par le froid des montagnes que par la chaleur de l'accueil de la famille d'Abu Affash, nos hotes, et celui de Bassam, epicier de ce village chretien. Chaque matin, Bassam se leve aux aurores pour fabriquer son hommos et ses falafels tant apprecies par les habitants du coin. 5h petantes, un dimanche matin, nous voila sur la route, le materiel video sur le dos, prets a filmer les secrets de la preparation des pois chiches !

Puis, en cheminant dans les ruelles de Marmarita, notre camera a pu capter le defile festif du cortege d'un mariage se rendant a l'une des 5 eglises du village ainsi que la scene marquante (je parle pour moi...) du boucher egorgeant une vache devant sa boutique...ame sensible s'abstenir !!!

Trois jours et une recette de soupe de lentilles plus tard, nous quittons Marmarita, fuyant les grosses chutes de neige annoncee par la meteo, pour rejoindre le climat plus doux de la cote mediterranneenne. 

Lattaquie! Nous en sommes a la cassette video numero 13 de notre projet. Cette maudite cassette est dans la camera, en attente de belles rencontres a filmer...mais rien ne se presente a nous...Au contraire, il se met a pleuvoir des cordes, les gens sont froids, l'atmosphere betonnee du genre ville balneaire est glauque sous le ciel gris, le vent se leve et provoque plusieurs coupures d'electricite. Le moral est au plus bas, il faut se resigner a passer directement a la cassette 14 : cassette numero 13, poubelle !!

Finalement, la cassette 14 aidant (on y croit dur comme fer !), le sol eil pointe le bout de son nez et nous partons a la recherche des marins-pecheurs de Lattaquie. Ici, il suffit juste de rencontrer le bon chauffeur de taxi pour avoir ce que l'on desire. Tel un bon jet de des, nous montons dans le taxi jaune de Yasser et, tel des jetons de backgammon, nous nous retrouvons a la place ideale sur ce grand plateau de jeu qu'est Lattaquie pour filmer des marins : le port de la ville.

Youssef, le responsable pince-sans-rire du port, nous prend en charge, motivé par notre beau projet, et nous donne l'autorisation de filmer plusieurs marins dans la cabine d'un bateau de peche, amarre a quai, la mer etant trop agitée pour sortir du port.

Nous sommes ensuite emmenes chez un des marins du quartier palestinien. A premiere vue, nous sommes dans un quartier tres populaire et les murs semblent rendre compte de la pauvrete des gens qui y habitent. Quel ne fut pas notre etonnement d'entrer dans un somptueux appartement ! Dans les maisons orientales, on n'affiche jamais sa richesse a l'exterieur, les fenetres sont fermees en permanence pour qu'on ne puisse rien voir du dehors et les familles passent leur journee eclairees a la lumiere des neons...Le maitre de maison et sa femme ont neuf enfants dont sept sont deja maries et ont des enfants. On nous invite a partager ce qu'on peut appeler un festin ! Il y a de quoi nourrir la vingtaine de personnes qui se trouve autour de nous, les parents, les freres, les soeurs et tous les petits-enfants de cette famille musulmane. Au menu, poisson evidemment, mais aussi brochettes de mouton, poulet, salade fattoush, frites, yahourt a l'huile d'olive (labne), frites, etc...

Nous restons jusqu'a la tombee de la nuit, nous n'avons presque pas vu le soleil de la journee, puis nous continuons notre soiree chez Youssef, le responsable du port, tres interesse par notre vie europeenne et surtout d'une grande gentillesse. C'est sur cette belle rencontre que s'acheve notre sejour a Lattaquie. Nous prenons le train de 7h15 pour Alep, derniere etape de notre voyage. 
Il parait que c'est la capitale gastronomique de la Syrie : il est l'heure de preparer nos estomacs....!


Les mous de la rate

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Samedi 23 février 2008

folie-copie-2.jpg

Voilà que l'arabe n'a plus de secrets pour nous :
"-Youssef, peux-tu nous chanter du Lara Fabian?
-Non, je n'ai jamais vu la trompe d'un éléphant!"
Visiblement leurs discussions sont un peu floues.

Nous explosons de rire sans savoir pourquoi.
Doucement, la table se vide de ses plats,
Nos compagnons sont peu surpris de cet état.
Tout ce qu'on sait, nous, c'est qu'on a mal au foie.

Les regards se croisent cherchant l'explication
A cette ivresse jusqu'alors inconnue.
C'est trop tard, l'estomac impregné, c'est foutu!
Nous n'oserons jeter un oeil sur nos bidons.

Manger pour ecrire, en voila des idées.
La plume glisse mal après de tels repas,
Les initiés se moqueront de tout cela.
Mangeons pour rire, se goinfrer et s'éclater.

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Samedi 16 février 2008
table.jpg                                                   

Question peu commune 
dans ce pays où la nourriture trouve sa place en tout lieu et surtout à tout moment.
Le thé, café souvent accompagnés de gâteaux peuvent se déguster autant à la maison qu'au travail.

   
   
Alors, que mange-t-on?

Voila déjà une question un peu plus appropriée.

Au lever, une tasse de café à la cardamone pour réveiller le corps. Vient ensuite le petit déjeuner qui se déguste en général entre 10 et 11h. Il apporte la première touche salée de la journée. Sur la table, zatar (thym, sésames, épices…), labné (yaourt salé), jebné (fromage), magdous (aubergines farcies aux noix, poivrons et ail), chenklich (fromage rond soit au lait de chèvre soit au lait de vache), zeitoun (olives vertes et noires), le tout baignant dans du zeit zeitoun (huile d'olive) et accompagné de khebez (pain libanais sous forme de galette).
Le thé à la cannelle apporte sa pointe de douceur.

L'estomac bien rempli, la majorit
é des syriens entame alors leur journée de travail.
 

A 14h, le foyer se réunit autour d'un ou plusieurs plats qui ont demandés nombreuses heures de préparation. On prend le temps, les plats présentés sont souvent complets, on se ressert afin de complimenter les talents de la cuisinière, les estomacs se remplissent. Il y a toujours une place pour un dessert, une petite sucrerie (raha, halawa…) L'étau se ressert, le piège se referme… Comment ne pas résister a une délicieuse petite sieste?

La vie reprend son cours à 17h, il est temps de retourner travailler et ce jusqu'au soir vers 21h.

Le dîner est prêt, mais avant de se jeter sur la nourriture, les chrétiens sirotent un petit verre d'arak (alcool local anisé). Tous les sens se mettent en éveil. Des regards scrutent les mille et unes couleurs des mezzeh présents sur la table: tabbouleh, homos, mtabal (crème d'aubergines)
, fattoush (salade de concombres, pains grilles, tomates, menthe…), kebbé neye (viande cru finement haché et épicé), mhammara (crème de tomates pimentée), laham mishwi (viande a la braise). Nul besoin de couverts, chacun se sert à son gré utilisant le pain pour piocher dans les différents mets. Instant magique, où la satiété n'a pas sa place, seule la gourmandise prime.

Prendre son temps, vivre en famille au rythme de son corps et des repas, voilà une des philosophies d'ici. Et si l'on s'amuse à compter, on peut s'apercevoir que les gens travaillent tout autant que chez nous, le stress en moins.

 

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Samedi 16 février 2008
Comme le disent beaucoup d'européens qui vivent ici, le temps s'écoule de manière bien différente en Syrie.
 
En ce qui nous concerne, les journées passent au rythme syrien et ne se ressemblent pas ! Au gré de nos ballades dans la ville et de nos trajets en taxi, nous nous laissons transporter vers de nouvelles rencontres et de nouvelles recettes.
Avec notre caméra en permanence sous le coude, nous tentons de capter chaque moment insolite qui, souvent, finit par une invitation à partager un repas en famille ou entre amis.
La dernière newsletter s'était achevée lundi dernier sur la belle rencontre avec la famille de Wafa et Moun’em. Continuons notre road-movie culinaire…
 
Mardi, après un rapide passage a l’ambassade française pour signaler notre présence en Syrie, nous avons flâné dans le vieux Damas jusqu'à la grande mosquée Omeyyade, qui s’est avérée être l’endroit parfait pour se reposer le temps d’une sieste (mais chut ! il est interdit de dormir pendant la prière, n’est-ce pas Christelle…!).
Le soir, David, un français qui apprend l’arabe et vit en colocation à Damas, nous a ouvert sa porte et prêté sa cuisine pour préparer un repas cosmopolite, partagé avec de nombreux expatriés de toutes nationalités ! Quelques uns de ces jeunes étrangers nous ont faits part de leurs impressions sur leur quotidien en Syrie, chose dont nous avions besoin pour notre projet vidéo. Tous s’y plaisent et s’accordent à dire que l’accueil syrien est génial et que la vie ici est loin d’être celle qu’on imagine en Europe.
 
Mercredi matin, Mayar, un étudiant damassin, nous a invités à prendre le petit-déjeuner typiquement syrien chez lui. Nous l’avons rencontré par l’intermédiaire de Couch Surfing. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un site internet permettant de faire le lien entre des gens du monde entier souhaitant héberger ou être hébergés gratuitement chez l’habitant. Il permet aussi de faire des rencontres, autour d’un café, d’un thé…ou d’un petit-déjeuner !
Puis, la visite du quartier animé Midan, l’après-midi, a été ponctuée de moments insolites. Nous retiendrons surtout les histoires drôles a la syrienne du jeune vendeur de paraboles et l’invitation du chauffeur de taxi a le suivre pour manger ses chawarmas favoris, attablés sur la chaussée au milieu des voitures !
 
Les journées ici sont tellement intenses qu’on se rappelle a peine de ce que l’on a fait trois jours avant !
Intense a l’image de celle de jeudi, qui clos notre passage a Damas. Notre chauffeur de taxi de mercredi nous ayant proposés de rencontrer un grand chef d’un restaurant cinq étoiles, nous voila au café Nofaran, face a une personne très sympathique…mais loin d’être un grand chef ! En Syrie, les murs ont des oreilles et nous ne passons pas inaperçu avec tout le matériel. Un homme, présent dans la salle, nous propose alors d’aller chez son cousin pour filmer une recette de sa femme. Apparemment, ils aiment accueillir des étrangers et hébergent plusieurs étudiants chez eux.
Quelques heures plus tard, nous sommes a table avec toute la famille de Zaheer, autour d’un plat de Bamié (cornes grecques) dont nous avons filmé la préparation. C’est la première fois que nous sommes accueillis dans une famille musulmane. Mais, si ce n’est le voile des femmes et la prière après le repas, significatifs de leur religion, ce sont des syriens avant tout et l’accueil est toujours aussi chaleureux !
 
Notre projet se construit donc ainsi, de fil en aiguille. Nous faisons confiance au hasard du quotidien. De moins en moins nous allons chercher les gens et provoquer les situations. Tout se fait et vient naturellement a nous.
 
Vendredi, c’est le grand départ vers le village chrétien de Marmarita, non loin du fameux Krak des Chevaliers, dans la province de Homs. Nous attaquons la deuxième partie du voyage…mais ça, c’est une autre histoire ! Le rendez-vous est pris pour la prochaine newsletter !
Pensez a faire un tour sur le blog de temps en temps…peut-être que vous tomberez sur un nouvel article ou de nouvelles photos…et je me rends compte que je n’ai pas donner de précisions sur les spécialités culinaires que je cite, je vous invite donc a faire des recherches par vous-même pour être incollable sur la nourriture syrienne !!
 
A bientôt les gourmands !
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